Three Blind Mice

20,00

1.Persian Rug
2.Black Bottom Stomp
3.Polka Dot Stomp
4.When Your Lover Has Gone
5.Rockin in Rhythm
6.Changes
7.Echoes of Harlem
8.Maple Lead Rag
9.Bogalusa Strut
10.I’m Coming Virginia
11.Weary Blues
12. I May Be Wrong
13. Jubilee

 

Felix Hunot: Guitare/Chant/Banjo
Malo Mazurié: Trompette/Cornet
Sebastien Girardot: Contrebasse

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Description

Chroniques

JAZZ HOT

Dans le territoire dit jazz on a connu ou on connait encore le trio de ce type, d’un bord considéré traditionnel avec l’excellent Alvin Alcorn (Alcorn, tp, Justin Adams, g, Frank Fields, b, New Orleans Jazz Brunch, Sandcastle LP 1030 très rare!) à l’autre, avec Stéphane Belmondo qui a porté la formule et l’ombre de Chet Baker à travers les festivals de l’été 2016. Cette formule orchestrale a le double avantage d’être économique (ce qui aujourd’hui n’est pas à négliger) et d’être très musicale (mieux vaut pas de batteur qu’un mauvais). Bien sûr le climat de ce trio n’est pas sans évoquer la musique aussi fine que pleine de swing du quartet Ruby Braff-George Barnes et de sa regrettée réplique française sous la houlette d’Alain Bouchet (finalement avec un Félix Hunot, un guitariste suffit). Les arrangements sont biens tournés (“Rockin’ in Rhythm”, “Echoes of Harlem”, etc). Malo Mazurié utilise beaucoup les sourdines. Bien sûr, “I’m Coming Virginia” présente les trois artistes en solo. Sébastien Girardot, bon slappeur (“Black Bottom Stomp”, “Weary Blues”) mais pas seulement, est fréquemment soliste, toujours excellent (“Maple Leaf Rag”, “Bogalusa Strut”). Il est aussi l’assise solide du groupe. Félix Hunot, formé par Jean-François Bonnel, chante à la Bing Crosby dans un titre (“Changes”), mais démontre surtout ses qualités d’accompagnateur et de soliste (introducton très fine dans “When Your Lover Has Gone”). Malo Mazurié est le jeune trompettiste (plus souvent au cornet ici) qui monte. Bien sûr il évoque ici Ruby Braff (“When Your Lover Has Gone”, “I May Be Wrong”, “Jubilee”). Mais inconsciemment peut-être, grâce à sa solide culture jazz, on entend, sans copie à la lettre, ici où là des traces de Bix (“Changes”, “I’m Coming Virginia”), George Mitchell (exposé de “Black Bottom Stomp”), Jabbo Smith (“Polka Dot Stomp”) et la volubilité de Rex Stewart (“Persian Rug”, stop chorus de “Black Bottom Stomp”, “Rockin’ in Rhythm”). Bref ce CD est un rayon de soleil dans l’affligeante production dite musicale de nos jours.

Charles Chaussade

HOT CLUB DE MARENNES
Ce CD a été enregistré en trio : Malo Mazurié, trompette et cornet, Sébastien Girardotcontrebasse, tous deux bien connus maintenant et Felix Hunot, guitare, une heureuse découverte au moins pour moi.

Treize titres sont puisés dans un répertoire des années 20-30, exprimés dans un style plus actuel mais qui reste clairement issu des manières pratiquées à l’époque.

Malo Mazurié se réclame de Bix Beiderbecke mais son jeu est plus emporté et évoquerait parfois  le côté fantasque de Rex Stewart, le côté mobile de Ruby Braff, ou celui, si vivant mais plus brouillon, de Jabbo Smith. Sa sonorité, même au cornet qu’il utilise dans quelques plages, n’a cependant rien de commun avec celle de Rex ou Ruby adeptes, comme Bix, de cet instrument. Moins encore, à la trompette, avec celle, mate et majestueuse de Cootie Williams. C’est d’autant plus un étonnement de voir le trio s’attaquer à 2 thèmes ellingtoniens ( « Rockin’ in Rhythm » et « Echoes of Harlem ») qui sont des références de ce trompette. Cela dit, dans ces 2 plages, Malo met judicieusement sa sonorité claire et haut perchée, au service d’un discours mobile et inventif, sans servilité à l’égard du discours sobre et plein d’autorité du grand Cootie. Inutile de dire que ces 2 morceaux se voient renouvelés, habilement, de fond en comble.
Malo joue du cornet et non de la trompette sur « Changes » et « I’m comin’ Virginia » (confirmation par Sébastien lui-même).
Quand on a dit « mobilité et invention » on a assez bien résumé les remarquables qualités de ce jeune trompette qui s’est déjà construit une solide réputation, le rendant un incontournable des meilleures formations actuelles. Sa musique est en permanence extrêmement plaisante, il ne semble  jamais à court de commentaires à développer autour de la mélodie. Parfois, une soudaine incursion dans le grave rappelle encore Ruby Braff (« When tour lover »).La manière dont il dirige ce trio rappelle aussi  certaines de ces formations réduites que  Ruby Braff a affectionnées.

La bonne surprise, c’est Félix Hunot, qui swingue avec un naturel et un bonheur évident et possède un bien joli son évoquant tour à tour John Saint-Cyr ou Bud Scott et ailleurs Al Casey ( dans « I’m coming Virginia »). Pas vraiment les premiers venus ! J’aime beaucoup ses solos où se suivent, ou parfois se mêlent, des passages en « single notes » et des passages en accords accrocheurs et swingants comme dans « Weary Blues ». Il aime  l’attaque brève et sèche des accords et quand il les laisse ensuite sonner, il en tire un grand swing réjouissant. C’est aussi un accompagnateur de classe et son poids se fait immédiatement sentir quand il rentre dans ce rôle après ses solos.

Sébastien Girardot se montre aussi excellent, attentif  dans le même rôle d’accompagnateur, et soliste inspiré dans quelques plages, « Black Bottom Stomp » où il slape joyeusement, «  When Your Lover has gone », bien sûr plus recueilli, ou plus encore « I may be wrong » plage très réussie par tous et particulièrement par Sébastien.

Ceux qui pourraient être réticents quant à l’acquisition d’un CD en simple trio, auraient bien tort car il y a une grande variété de plaisir d’écoute d’une plage à l’autre.

Pierre Christophe

BULLETIN DU HOT CLUB DE FRANCE (décembre 2016)

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